Sûre en chaire

En réaction à l’actualité brûlante du mois de septembre, j’aimerais me pencher avec vous sur les grosses fesses.

Cet article de Vogue, magazine souvent décrié pour faire l’apologie de la maigreur, titré « We’re Officially in the Era of the Big Booty » a fait polémique.
Non à cause de la traduction du titre (qui donnerait : « Bon ben on entre officiellement dans l’ère des gros culs ») mais parce que plane un soupçon de racisme sur l’article. Nous sommes bien dans une polémique américaine : le racisme est partout.

Ce qui était reproché à l’article c’était finalement de n’arriver que si tard après l’apparition des premiers gros culs de la culture mainstream. Vogue se veut premium, hein, je le rappelle.

En réalité, ce qui fâche aux Etats-Unis, c’est l’appropriation des codes du ghetto par la classe favorisée. Miley Cyrus avait été décriée lorsqu’elle s’était mise au twerk. Une blanche qui s’approprie les codes de la blackness. Scandale !

Mais revenons sur l’avènement des gros culs. Deux questions se posent : pourquoi les gros culs, et pourquoi les gros culs dans la pop culture ?

Les gros culs sont apparus en réaction aux standards de beauté de la classe dirigeante. Le mythe que depuis les années 60, la minceur est de mise dans le milieu de la mode mérite d’être un peu écorné.
En réalité, la mode s’adapte à ses acheteuses. Sans vente, pas de mode. Elle reflète l’ère du temps.
Or les acheteuses sont issues des classes favorisées. Le vêtement doit être adaptable à leur morphologie.
Depuis la première guerre mondiale, l’idéal morphologique féminin a glissé de l’expression d’une santé oisive à celle de la santé sportive.
Parallèlement, les classes défavorisées ont développé leurs propres canons de beauté, cherchant à s’émanciper de standards imposés par d’autres. Madame Al’Michu gagne le smic. Elle va faire ses courses chez Leclerc, n’a pas beaucoup de temps pour elle et s’échappe de temps en temps en regardant des émissions ou on se moque de gens idiots. La corrélation entre mauvaise alimentation et surpoids étant corrélée, de même que l’absence de sport, on en déduis que madame Al’Michu a tendance à prendre du poids. Et comme à la télévision et dans ses magazines on ne lui propose que des modèles minces, au bout d’un moment ça va la gaver. D’autant que elle et ses copines partagent un corps replet.

Pendant ce temps, dans l’industrie du disque on a tout montré. Enfin, ce qu’il était possible de montrer.
Ophélie Winter

Même si aucune étude de corrélation entre vente de disque et centimètres carrés de peau apparente dans les clips n’a été menée (à ma connaissance)(mais si vous en avez une, à boule !) on peut supposer qu’il y a un enjeu commercial derrière l’apparition du derrière.
Kylie Minogue - Spinning Around

La question est donc : comment peut-on en montrer davantage sans en arriver là ?
Miley Cyrus
Réponse : en augmentant la surface de chaire tout en conservant la surface de tissus.
Nicki Minaj - Anaconda

Le gros cul répond donc aux canons de beauté des classes défavorisées et permet d’augmenter le revenu des singles tout en restant diffusable.

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